Alès-Langogne par Génolhac-Villefort D906
Route très belle et… très sinueuse. Cette route il faut aussi le dire, c’est un trajet Sud/Nord ou inversement, c’est toujours bon à prendre si on veut remonter du Sud par autre chose que la vallée du Rhône. Belle route en forêt, peu fréquentée, qui monte gentiment mais fort sinueusement jusqu’à Langogne. Superbes paysages… Ensuite, ça vous met au Puy, d’où vous pouvez rejoindre soit la Chaise Dieu, le Livradois et la plaine d’Ambert qui fait penser au Canada… puis la vallée de la Dore et ensuite Thiers et Vichy, soit Saint-Etienne par un pays noir et volcanique, bien sinistre comme on aime… soit une bonne petite trentaine d’autres possibilités…
Je conseille particulièrement le barrage de Villefort. De toute façon, vous pouvez pas vous louper, où qu’on aille dans ce coin, tout est beau.
On disait, c’est une bonne route pour remonter du Sud, gaffe quand même à la saison, il peut y avoir de la neige, et plus tôt (ou plus bas) qu’on ne pense…
C’est comme ça que je me suis (un peu) fait avoir en ce bon hiver 93-94. Si vous demandez aux Parisiens s’il neige l’hiver, ils vous diront que ça c’est fini ma bonne dame, que euh il y a le réchauffement du climat, que depuis 1941 on ne patine plus sur le lac du bois de Boulogne… Ils sont gentils… j’étais gentil (car parisien). N’empêche que dans le massif central, dans tout massif montagneux d’ailleurs, il neige velu TOUS les hivers, et mine de rien, ça n’a beau être que de l’eau gelée et blanche, sur la route, ça te change quand même un poil la vie et tes temps de trajet…
Or donc je remontais d’Avignon, vers le 28 décembre, avec mon éternelle 504 GL. J’avais passé trois jours chez des amis dans le Luberon où je m’étais mais alors abominablement fait chier. Je sais pas, rien n’allait. Le beau père pas sympa, les repas pas terribles, ma 504 vue comme une grosse merde… Pour vous dire le seul bon moment que j’ai passé, où j’ai ressenti un peu de chaleur humaine, c’est quand j’ai fait faire ma vidange chez Speedy Avignon, parce que vous n’imaginez tout de même pas que j’allais me peler le cul à vidanger ma 504 en plein Mistral. Parce qu’en plus il y avait comme ça arrive assez (trop) souvent dans le sud de la vallée du Rhône, un coup de mistral qui te fait descendre le thermomètre de vingt bons degrés alors qu’il faisait quatorze. N’empêche que, quand tu crois être chez des amis et que la seule humanité tu la trouves auprès d’un mécano Speedy, c’est un poil triste je trouve…
Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que… eh ben pour que vous compreniez bien que je n’avais qu’une seule envie : me saouler de kilomètres et de belles routes au volant de mon bolide, pour vite vite oublier ce magma de méchants cons (gars de chez Speedy mis à part).
Donc je me suis dit tiens, Avignon, Uzès Alès, puis Génolhac-Villefort, puis retour par le Livradois… J’étais pas spécialement pressé par le temps, et je me disais que je pourrais ptet faire un viron en Auvergne… bref je me croyais au printemps quoi….
Faut dire, à part le froid de gueux qui régnait, le temps était splendide. Bon, d’Avignon jusqu’à Alès, impec, il faisait un petit 1 degré, la 504 ronronnait gentiment, tout baignait. Ce n’est que dans les premières montées que les premières neiges ont commencé à apparaître sur les bas-côtés. Ca m’a pas affolé plus que ça ; tant que la route est sèche, la neige, ça fait joli dans le paysage, et pis ça va bien avec le bleu ciel métallisé… couleur de ladite 504 comme devineront ceux qui suivent toujours… Concernant le comportement de l’engin sur chaussée enneigée et gelée, il est bon de préciser qu’une 504 ça a beau être une propulsion, c’est lourd, en fait assez sous vireur si tu la mets pas en dérive (faut tout faire soi-même…), pas vraiment assez puissant pour se sortir d’un mauvais pas et surtout, dans ces versions carbu, doté d’une direction sans assistance, juste un peu démultipliée… quatre tours et demie de butée en butée, ce qui fait de toi un Paganini du coup de volant au moindre appel-contre appel, en somme si tu veux jouer à Holiday on Ice…
Comme par ailleurs y’avait pas plus de chaînes dans mon coffre que de poils bruns sur la peau de Sharon Stone (et j’ai bien regardé Basic instinct), j’ai commencé à me poser quelques questions quand la neige a commencé à recouvrir la chaussée. Bon. Je me suis dit, ça monte, ça passe… tant que ça passe, je continue, si ça passe plus, ben tant pis, les pomme de terre resteront enterrées, je ferai demi tour et point barre. C’est vrai, si ça patine, eh ben à ce moment-là, tu sais que t’as passé le panneau « trop tard »… J’en étais là de mes réflexions, tout en surveillant mon brave petit moteur, quand soudainement la route se mit à descendre de chez descendre. Foutre couille pine zob, je me suis dit, là ça sent pas bon . Je pourrai jamais remonter cette putain de montée (eh oui, tu changes de sens, une descente, ça se transforme illico en montée, tous les gens qui ont un vélo, une mob ou une deux pattes savent ça). Je me suis dit, là mon vieux Colombani, c’est quitte ou double et… là ça s’est mis à monter mais alors, une vraie montée, quoi. Flippe, Savashié, et démerde-toi… Eeet ben j’y suis arrivé, une mini plume sur l’accélérateur, tout sur le couple, dix sept chevaux utilisés sur les 96 que comptait la bête, mollo doucement coolosse… et pis je me suis enhardi, et j’ai pris un bon petit rythme, j’ai même réussi à larguer deux ou trois poireaux dont un avec une CX, là je suis assez fier, un peu la revanche des propulsions sur les DS lors de rallyes enneigés, qui avaient pourri tout le monde vers 1966… Bon, bref, après le Puy, la route était un peu plus dégagée, et pis tu commences à être blasé, tu t’arrêtes à une station pour faire le plein, tu remarques même pas (ou tu fais semblant de pas remarquer) la gueule du pompiste qui s’allonge d’un bon tiers, le regard qui passe alternativement de la route à la 504…
Fin de l’histoire, retour par Thiers, où je me suis retrouvé un poil plus tard que prévu et où, ptet que le Renifleur qui est un local pourra m’expliquer, je n’ai pas trouvé un seul, mais PAS UN SEUL hôtel à un prix correct. Maudit des glandes ! je n’ai RIEN trouvé. Eeeh merde... De guerre lasse, j’ai pris l’autoroute jusqu’à Paris, comme quoi, même avec une auto des années soixante, soixante dix, avec pas de 5è et une 4è courte, les nouvelles technologies, ça peut parfois avoir du bon… (eh, 150 de croisière, la mémère ! !)
Bon, comme vous avez été sages, je vous mets une petite photo du lac de Villefort, mais sans la neige ! !

Route très belle et… très sinueuse. Cette route il faut aussi le dire, c’est un trajet Sud/Nord ou inversement, c’est toujours bon à prendre si on veut remonter du Sud par autre chose que la vallée du Rhône. Belle route en forêt, peu fréquentée, qui monte gentiment mais fort sinueusement jusqu’à Langogne. Superbes paysages… Ensuite, ça vous met au Puy, d’où vous pouvez rejoindre soit la Chaise Dieu, le Livradois et la plaine d’Ambert qui fait penser au Canada… puis la vallée de la Dore et ensuite Thiers et Vichy, soit Saint-Etienne par un pays noir et volcanique, bien sinistre comme on aime… soit une bonne petite trentaine d’autres possibilités…
Je conseille particulièrement le barrage de Villefort. De toute façon, vous pouvez pas vous louper, où qu’on aille dans ce coin, tout est beau.
On disait, c’est une bonne route pour remonter du Sud, gaffe quand même à la saison, il peut y avoir de la neige, et plus tôt (ou plus bas) qu’on ne pense…
C’est comme ça que je me suis (un peu) fait avoir en ce bon hiver 93-94. Si vous demandez aux Parisiens s’il neige l’hiver, ils vous diront que ça c’est fini ma bonne dame, que euh il y a le réchauffement du climat, que depuis 1941 on ne patine plus sur le lac du bois de Boulogne… Ils sont gentils… j’étais gentil (car parisien). N’empêche que dans le massif central, dans tout massif montagneux d’ailleurs, il neige velu TOUS les hivers, et mine de rien, ça n’a beau être que de l’eau gelée et blanche, sur la route, ça te change quand même un poil la vie et tes temps de trajet…
Or donc je remontais d’Avignon, vers le 28 décembre, avec mon éternelle 504 GL. J’avais passé trois jours chez des amis dans le Luberon où je m’étais mais alors abominablement fait chier. Je sais pas, rien n’allait. Le beau père pas sympa, les repas pas terribles, ma 504 vue comme une grosse merde… Pour vous dire le seul bon moment que j’ai passé, où j’ai ressenti un peu de chaleur humaine, c’est quand j’ai fait faire ma vidange chez Speedy Avignon, parce que vous n’imaginez tout de même pas que j’allais me peler le cul à vidanger ma 504 en plein Mistral. Parce qu’en plus il y avait comme ça arrive assez (trop) souvent dans le sud de la vallée du Rhône, un coup de mistral qui te fait descendre le thermomètre de vingt bons degrés alors qu’il faisait quatorze. N’empêche que, quand tu crois être chez des amis et que la seule humanité tu la trouves auprès d’un mécano Speedy, c’est un poil triste je trouve…
Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que… eh ben pour que vous compreniez bien que je n’avais qu’une seule envie : me saouler de kilomètres et de belles routes au volant de mon bolide, pour vite vite oublier ce magma de méchants cons (gars de chez Speedy mis à part).
Donc je me suis dit tiens, Avignon, Uzès Alès, puis Génolhac-Villefort, puis retour par le Livradois… J’étais pas spécialement pressé par le temps, et je me disais que je pourrais ptet faire un viron en Auvergne… bref je me croyais au printemps quoi….
Faut dire, à part le froid de gueux qui régnait, le temps était splendide. Bon, d’Avignon jusqu’à Alès, impec, il faisait un petit 1 degré, la 504 ronronnait gentiment, tout baignait. Ce n’est que dans les premières montées que les premières neiges ont commencé à apparaître sur les bas-côtés. Ca m’a pas affolé plus que ça ; tant que la route est sèche, la neige, ça fait joli dans le paysage, et pis ça va bien avec le bleu ciel métallisé… couleur de ladite 504 comme devineront ceux qui suivent toujours… Concernant le comportement de l’engin sur chaussée enneigée et gelée, il est bon de préciser qu’une 504 ça a beau être une propulsion, c’est lourd, en fait assez sous vireur si tu la mets pas en dérive (faut tout faire soi-même…), pas vraiment assez puissant pour se sortir d’un mauvais pas et surtout, dans ces versions carbu, doté d’une direction sans assistance, juste un peu démultipliée… quatre tours et demie de butée en butée, ce qui fait de toi un Paganini du coup de volant au moindre appel-contre appel, en somme si tu veux jouer à Holiday on Ice…
Comme par ailleurs y’avait pas plus de chaînes dans mon coffre que de poils bruns sur la peau de Sharon Stone (et j’ai bien regardé Basic instinct), j’ai commencé à me poser quelques questions quand la neige a commencé à recouvrir la chaussée. Bon. Je me suis dit, ça monte, ça passe… tant que ça passe, je continue, si ça passe plus, ben tant pis, les pomme de terre resteront enterrées, je ferai demi tour et point barre. C’est vrai, si ça patine, eh ben à ce moment-là, tu sais que t’as passé le panneau « trop tard »… J’en étais là de mes réflexions, tout en surveillant mon brave petit moteur, quand soudainement la route se mit à descendre de chez descendre. Foutre couille pine zob, je me suis dit, là ça sent pas bon . Je pourrai jamais remonter cette putain de montée (eh oui, tu changes de sens, une descente, ça se transforme illico en montée, tous les gens qui ont un vélo, une mob ou une deux pattes savent ça). Je me suis dit, là mon vieux Colombani, c’est quitte ou double et… là ça s’est mis à monter mais alors, une vraie montée, quoi. Flippe, Savashié, et démerde-toi… Eeet ben j’y suis arrivé, une mini plume sur l’accélérateur, tout sur le couple, dix sept chevaux utilisés sur les 96 que comptait la bête, mollo doucement coolosse… et pis je me suis enhardi, et j’ai pris un bon petit rythme, j’ai même réussi à larguer deux ou trois poireaux dont un avec une CX, là je suis assez fier, un peu la revanche des propulsions sur les DS lors de rallyes enneigés, qui avaient pourri tout le monde vers 1966… Bon, bref, après le Puy, la route était un peu plus dégagée, et pis tu commences à être blasé, tu t’arrêtes à une station pour faire le plein, tu remarques même pas (ou tu fais semblant de pas remarquer) la gueule du pompiste qui s’allonge d’un bon tiers, le regard qui passe alternativement de la route à la 504…
Fin de l’histoire, retour par Thiers, où je me suis retrouvé un poil plus tard que prévu et où, ptet que le Renifleur qui est un local pourra m’expliquer, je n’ai pas trouvé un seul, mais PAS UN SEUL hôtel à un prix correct. Maudit des glandes ! je n’ai RIEN trouvé. Eeeh merde... De guerre lasse, j’ai pris l’autoroute jusqu’à Paris, comme quoi, même avec une auto des années soixante, soixante dix, avec pas de 5è et une 4è courte, les nouvelles technologies, ça peut parfois avoir du bon… (eh, 150 de croisière, la mémère ! !)
Bon, comme vous avez été sages, je vous mets une petite photo du lac de Villefort, mais sans la neige ! !

















